Visite d’un camp de déplacés à Dame-Marie en Haiti

Lorsque l'ouragan de catégorie 4 a balayé la ville de Dame Marie, nombreuses sont les maisons qui se sont effondrées, ‘’écrasées complets’’ comme le dit l’expression créole. Après avoir été hébergés dans le Lycée Germain Semersier de Dame Marie, certains habitants se sont installés non loin de l’établissement.
Dans ce camp improvisé, 105 familles ont pris leur quartier. L’OIM a déjà relocalisé 18 d’entre-elles, des familles volontaires qui ont choisi de bénéficier de l’aide proposée par l’OIM. Les familles qui ne souhaitent pas être relocalisée et vivent dans ce camp qu’elles ont créé après le violent passage de l’ouragan Matthew à Dame Marie.
225 personnes vivent sous des bâches améliorées de quelques morceaux de bois et de tôles, ou de murs bâtis en briques de bétons pour les mieux installés. La vie bat son plein au camp Semersier entre les retours de la pêche, la préparation des repas, les lessives et le bain des enfants , les familles qui y vivent en ce moment ont recréé une petite communauté.
Mona 57 ans lave du linge. « J’étais commerçante avant le passage de Matthew, j’habitais près de la mer et je n’ai plus rien du tout », explique-t-elle. Mona a 7 enfants, dont 5 qui vivent avec elle dans l’abri qu’elle a construit. « Ma maison a été détruite, mon commerce a été lessivé et depuis je ne fais plus rien. J’aimerais redémarrer », précise-t-elle.
Simplice nettoie le poisson fraichement pêché sous le regard de Nadège. « Moi aussi j’ai perdu tout mon matériel. Je suis pêcheur. Mon commerce s’est effondré. » Nadège son amie acquiesce. « Ce n’est pas évident de reprendre le travail. Je ne travaille pas non pour l’instant. »
Ce potager que montre Jackson Sejourné, officier OIM Haiti au projet Retour a été démarré par l’une des familles qui a été relocalisée par l’OIM. Ce sont désormais les personnes restées dans le camp qui l’entretiennent et qui profitent des légumes.
Nativica vit avec ses deux enfants dans un abri de fortune composé de bâches grises et oranges montées sur des morceaux de bois. La famille est recensée et possède une carte DPC- Direction de la Protection Civile. Avant Matthew, Nativica tenait un commerce. ‘’ La mer a tout pris. Mon commerce, ma maison, tout !’’ explique-t-elle.
Alors qu’elle disparait dans sa maisonnette pour trouver ses papiers d’identité et d’enregistrement, son plus jeune fils se met à pleurer. Jackson le prend alors spontanément dans ses bras pour le réconforter. « J’espère reprendre un petit commerce mais pour cela il me faut de l’argent » poursuit-elle tendant sa carte d’enregistrement a Jackson qui tient toujours l’enfant calmé dans ses bras.
Alors qu’ils s’entretiennent tous les deux, une femme nous interpelle de loin. Elle s’appelle Yolaine et nous présente une sa fille Marie. L’enfant se rafraichit dans une petite bassine. « Elle est handicapée, elle ne parvient pas à marcher. Elle n’a même jamais fait un pas», explique Yolaine, en mettant la petite debout sur ses jambes.Nous remarquons une déviation du pied gauche de Marie. Jackson va mettre en marche la procédure de référencement aux partenaires locaux pour qu’ils fassent le suivi et qu’ils viennent en aide à cette petite fille.
La relocalisation est un processus volontaire, l’OIM et ses partenaires encouragent les déplacés à participer au programme d’aide à la relocalisation : ‘’Cash for Rent – De l’argent pour payer le loyer’’. Pour en savoir plus sur les différentes étapes de relocalisation et le travail qu’effectuent l’OIM et ses partenaires, lisez l’Histoire d’Ena et de ses trois enfants. A ce jour, 18 familles volontaires ont déjà profité de ce programme de relocalisation.
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A Dame-Marie, l’une des localités gravement endommagées par le passage de l’ouragan Matthew en octobre 2016, 105 familles se sont établies dans un camp spontané. L’Organisation Internationale pour les Migrations- l’OIM- a déjà relocalisé 18 familles volontaires, celles qui ont désiré bénéficier du projet ‘‘Relocalisation’’. Pour l’instant les autres habitants du camp ne souhaitent pas bouger. Nous avons suivi Jackson Sejourné, assistant projet Retour au bureau de l’OIM à Dame Marie durant sa visite du camp ‘’ Lycée Germain Semersier’’. © IOM/JulieHarlet2017