8ème Anniversaire du tremblement de terre du 12 Janvier 2010: Des déplacés toujours en attente d’une solution durable

Port-au-Prince, le 12 Janvier 2018 - A l’occasion du 8ème anniversaire du tremblement de terre qui a frappé Haïti le 12 Janvier 2010, l’Unité de Construction de Logements et de Bâtiments Publics (UCLBP) et l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) tiennent à rappeler que 97% de la population initialement déplacée suite au séisme a pu quitter les camps.

Huit ans après le séisme de magnitude 7.0 de Janvier 2010, qui a détruit et endommagé plus de 300,000 logements et déplacé de 1.5 million de personnes (PDIs) dans 1,555 camps, les progrès accomplis par le Gouvernement Haïtien et ses partenaires ont été significatifs.

En effet, 97% de la population initialement déplacée suite au séisme a pu quitter les camps au cours des 8 dernières années. Ce retour a été facilité par la mise en œuvre de programmes innovants développés par les partenariats nationaux et internationaux ainsi qu’aux efforts individuels des personnes déplacées ayant identifié leur propre solution pour quitter les camps.

Cependant, selon les dernières données de la Matrice de Suivi du Déplacement de l’OIM (DTM en Anglais), environ 37,600 personnes (soit 9,255 ménages) sont toujours déplacées dans 26 camps situés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince et la région des Palmes (communes de Léogâne et de Gressier). Selon la DTM, les femmes et enfants constituent 71% de la population totale déplacée et 12 des sites répertoriés (hébergeant 17,000 personnes) sont situés dans des zones à risque moyen ou élevé d’inondations et de glissements de terrain.

Ces personnes demeurent parmi les plus vulnérables du pays, du fait de leurs difficultés socio-économiques, de leur susceptibilité à faire face à la violence et à l’exploitation, de leur manque d’accès à l’eau potable et l’assainissement ainsi que de leur exposition aux catastrophes naturelles due à la précarité de leurs habitats, essentiellement constitués de tentes et d’abris précaires.

Le manque de financement actuel a pour conséquence une réduction massive du nombre de partenaires œuvrant à fournir une solution durable à ces personnes déplacées (soit la relocalisation, soit l’intégration des camps dans leurs quartiers). En 2018, l’OIM sera le seul partenaire international actif dans les camps de déplacés. Les projections du secteur humanitaire de Coordination et Gestion de Camps, géré par l’UCLBP et  co-géré par l’OIM, prévoient que plus de 36,000 personnes resteront déplacées dans 25 camps au cours de l’année 2018 par manque de financement. Il est à craindre que cette situation ne devienne permanente si les ressources nécessaires ne sont pas allouées pour répondre à cette crise prolongée alors que les solutions mises en œuvre jusqu’à présent ont démontré leur efficacité.

En ce lendemain de présentation du plan de réponse humanitaire et en ce triste jour d’anniversaire, l’UCLBP et l’OIM souhaitent rappeler l’importance de l'ultime effort de financer l’assistance aux personnes déplacées afin que 2018 mette un terme aux dernières conséquences humanitaires du séisme meurtrier du 12 janvier 2010.